Comme toujours, toutes les photos sont à retrouver sur l’album en ligne

Le photographe officiel et ses accolytes

Dimanche – Prélude en bois majeur

Le dimanche du départ, la tradition est immuable.
Ca commence par quelques discussions pour organiser un plan de covoiturage qui tienne la route, puis par les rendez-vous qui s’enchaînent pour embarquer tout le monde, et les quelques sacs d’affaires associés. Oui, quelques, mais c’est surtout à cause des bières et des cacahouètes, puisque c’est bien connu, le triathlète voyage léger. Une tri-fonction, une combi, un vélo, et le tour est (presque) joué.

Pendant que trois voitures particulières se préparent, Pierre récupère le camion (qui, en deux ans et deux mois depuis le dernier stage, a bien grossi) et se lance courageusement dans un tour de Toulouse pour charger passagers et matériel avant de s’élancer.
La route se passe sans encombre, et à l’arrivée, au camping enfin retrouvé après cette interminable attente, c’est la bonne surprise de découvrir que le club a été surclassé dans le nouveau quartier, avec ses bungalows parés de bois et logés dans un quartier piéton et fleuri. Un vrai plaisir ! Et comme les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules, les triathlètes peuvent se lancer dans un nouveau sport : la course de chariotes à bagages.

La (sur)classe internationale des bungalows en bois

Une fois installés, on profite des retrouvailles et d’un peu de temps libre pour remonter les vélos et prendre ses marques. Mais déjà, c’est l’heure d’aller caler les derniers détails administratifs pour le couple coachsecrétaire, et pour toute la bande d’enfiler maillots et bonnets pour la séance de natation apéritive. Une petite heure dans l’eau bien chaude de la piscine, sous le soleil déclinant. Un vrai bonheur, d’après l’auteur de ces lignes (dont c’est la première séance de l’année, il faut un début à tout).
Si, si : la piscine, au stage, c’est top !

A la sortie de l’eau, passage par les stands pour la récupération des paniers repas (oui, cette année, protocole sanitaire oblige, pas de terrasse, pas de salle, pas de buffet, tout à emporter) puis de l’installation d’une table de banquet en plein air au milieu du quartier des vachettes.
Le dîner est joyeux, jusqu’à ce que le coach explique que le lendemain, les 3 km à 11 % de moyenne du col de Banuyls seront à monter non pas une mais deux fois. Cela dit, qu’importe, demain est un autre jour, et les craintes sont vites oubliées devant un verre de thé à la guinguette improvisée dans le bungalow du coach et de ses deux acolytes (celui aux petites lumières).

Pendant ce temps, Jean-Yves s’est éclipsé pour aller récupérer Laurent à la gare. Il ne le sait pas encore, mais en fait, il vient de démarrer une grande carrière de VTC, voire de limousine privée pour la famille Schmitt puisqu’il fera le même trajet à la même heure deux jours plus tard… Mais nous n’en sommes pas encore là.

Lundi, tout est permis

Après une bonne nuit à compter le nombre de secondes entre deux hululements du coucou voisin (4,8 d’après les experts), les vachettes se retrouvent sur les tables devant le bar pour le petit déjeuner. Puis c’est le grand départ pour la première sortie vélo : un premier groupe devant, les filles faisant l’approche en camion jusqu’aux premières rampes. Quoique… Finalement Amélie part avec les garçons, et les 3 autres représentantes de la gent féminine, qui se sentent en forme, partent également à vélo.
Ça roule bien sur la route de la côte, et ça profite aussi un peu du paysage, toujours grandiose. Cependant, il fait déjà chaud, même à 9 heures !!!

Profitant de la rampe de lancement sur une petite route avant le col, le photographe veut prendre de l’avance sur le groupe et crie en passant la tête : “Levez le pied, je vais faire une photo“. Quand il s’arrête quelques hectomètres plus tard pour prendre les clichés en question, c’est un peloton groupé, facétieux mais obéissant qui passe, cales déclipsées, jambes en V, en levant bien les pieds… On ne change pas nos vachettes !

Levez le pieds, je vais vous photographier…” Quand les consignes sont suivies à la lettre…

Plus loin, le coach arrive avec son gros camion. Il se gare un peu plus loin, marquant le début de l’ascension. Il renseigne aussi sur la position des trois guerrières qui sont parties du camping sans aide motorisée, et qui arrivent, après quelques hésitations sur le parcours. Les choses sérieuses peuvent commencer.
Le panneau annonce que le col est fermé (et en effet, de gros blocs de béton au sommet sont censés empêcher les véhicules de franchir la frontière, mais les vélos passent entre et les 4×4 font le tour en grimpant dans la pente, donc au final, à part quelques voitures légères, le blocus n’est pas si clair), mais le groupe se lance. Un peu de faux plat montant, puis le béton, et puis… le mur.
Près de deux kilomètres à 12,3 % de moyenne, avec des pentes assassines dans les épingles et un ou deux répits de quelques mètres à peine. Ça monte sévère, et comme on le disait au dîner la veille, c’est la fête quand la vitesse est à deux chiffres. Mais, le plus souvent, l’exercice consiste à se maintenir à une vitesse à peine suffisante pour ne pas tomber de vélo. En haut, le panneau du col est presque insultant en annonçant 355 m d’altitude, car la vue se mérite !!!
Les premiers arrivés hésitent sur la suite, finissent par prendre une photo incomplète du groupe en pensant faire la photo complète une fois tout le monde en haut, puis regardent l’heure et voient que la deuxième ascension n’a pas le temps d’avoir lieu. Sauf pour Thibaud, déjà redescendu et qui sera le seul à être double vainqueur du col du jour.

A la descente, le premier groupe croise, outre Thibaud, Sylvie, Line et Cynthia, en plein effort, et qui arriveront peu après au sommet, où elles attendront en vain le retour des autres. Seul le coach viendra les rechercher pour leur expliquer le programme modifié.
La descente est exigeante pour les freins sur les premières encablures, puis bien agréable, hormis les passages à FTP (Corentin, on a dit FTP, pas PMA++) qui rythmeront le retour.

Au retour, à Collioure. Avec les départs décalés, le groupe n’est pas complet

Au camping, changement de tenue, et enchaînement avec une demi-heure de course à pied, à allure “haut de Z2” ou “marathon” ou “course de half“. Bref, allure un peu comme on peut. Les 30 min passent vite et, les paniers repas récupérés en passant au retour, tout le monde peut s’attabler pour reprendre des forces. Nicolas ne coupe pas à la question “Et toi, t’as eu quoi ?” des carnivores intéressés de voir ce que contient l’option végétarienne. Une fois sur deux ils sont jaloux, l’autre fois ils ne le sont pas. Match nul, personne ne bascule.
Puis c’est l’heure de la sieste en prévision de la suite.

La suite arrive à l’heure du goûter. Les combinaisons sont de sortie, et un convoi part pour le Racou se poser. Tout le monde s’équipe, plus ou moins rapidement, et c’est parti pour un bain de mer dans les vagues, en prenant soin de lutter contre le courant pour ne pas finir échoué comme des bigorneaux sur les rochers de la digue toute proche.
Premier voyage en groupe (ou presque) jusqu’à la bouée jaune, et le maître nageur montre la technique de passage de bouée que tout le monde met en pratique. Maître nageur qui a déposé en route sa bouée mobile rouge et qui explique le triangle qu’il va falloir effectuer. Tout le monde part, mais avec les vagues, les nageurs sont dans le vague aussi, et suivent plutôt leur bonne étoile et un chemin aléatoire que la voie directe vers la bouée rouge. Sauf Sylvie et Franck, crawleurs-brasseurs attardés que la petite brasse tranquille tête hors de l’eau permet d’orienter.
Une fois le triangle passé, retour sur le sable. Et explications pour la suite, avec des allers-retours à faire jusqu’à la bouée rouge, l’aller à bloc, le retour souple, en binôme, avec trois sorties à l’australienne qui feront le bonheur et l’amusement de tous les spectateurs qui s’amassent peu à peu sur la digue. Il n’y a guère que les deux baigneuses qui bronzent au soleil et que des triathlètes en néoprène contournent à chaque sortie à l’australienne qui doivent se demander ce qu’elles font au milieu du parcours. Enfin, quand, la séance terminée, le coach ramène sa bouée rouge façon David Hasseloff, c’est carrément du délire dans l’assistance.
En tout cas, elles ont fière allure, les vachettes, puisqu’un couple demandera si ce sont les pompiers d’élite à l’entraînement. Élite peut-être, mais dans le style Power Meuh !

Quand tout le monde a pris assez de sel pour ouvrir une usine de saumure, il est temps de se déséquiper (Line remportant le challenge haut la main de la combi retirée le plus rapidement, si on excepte Laurent qui l’avait enlevée à mi-parcours trouvant que finalement, elle est carrément bonne, la mer à 16°C), et de mettre les running.
Au programme, fractionné d’1h30 avec deux blocs rapides à réaliser. Les petits groupes se lancent donc en footing sur le front de mer, et ils se font et se défont au gré des allures un peu différentes. Mais au final, nombreux sont les athlètes à adapter le programme, que ce soit pour blessure ou parce que 90 minutes c’est un peu long. Et parmi les quelques uns qui vont au bout, c’est un peu l’hécatombe car il faut piocher dans ses ressources et finir au mental en serrant les dents. Sauf pour Bruno. Bruno, tout beau, tout fringuant, seul parmi tous à finir vaillamment, traînant le coach jusqu’au bout. Il faut l’arrêter presque de force pour qu’il ne courre pas jusqu’au couvre-feu !

Retour au bercail, et dîner bien mérité. Étonnamment il commence à y avoir moins de portions restantes qui sont échangées entre les convives… Les dépenses caloriques doivent augmenter. A moins que cela ne soit la peur de manquer ! De même, la tisane servie pour conclure les agapes à la guinguette “Chez PH” s’éternise un peu moins que la veille. Le programme a beau annoncer une grasse matinée jusqu’à huit heures, les organismes ont besoin d’aller se coucher !
Bonne nuit les vachettes…

Mardi – Madeloc, ô Ma-deux-loc

En plus de la grasse matinée jusqu’à 8 heures, les triathlètes ont un temps calme après le petit déjeuner et avant la séance de natation du matin. Mais personne n’est dupe, c’est le calme avant la tempête du jour. Car le coach a été plutôt clair dans son briefing de la veille, l’après-midi sera chargée avec une double ascension de la Madeloc (avec un parcours revu et corrigé par Laurent qui en a profité pour coller 15 km et 300 m d’ascension supplémentaires) puis à nouveau 90 minutes de footing, tout en Z1 cette fois, cependant.
Quoi qu’il en soit ça discute et ça profite dans tous les bungalows avant de se mettre en maillot. Une fois dans l’eau, outre quelques photos, tout y passe : du crawl, du dos, du pull-plaques, des palmes et même des départs sprint au sifflet ou au son des “Top” qu’un groupe d’allemands facétieux hurle à contretemps du coach histoire de mettre du chaos dans une organisation millimétrée. C’est le monde à l’envers !

En fin de séance, c’est pause photo dans le bateau, suivant une tradition millénaire qui n’avait que trop attendu de pouvoir avoir lieu à nouveau. Sans compter les discussions post-séances à base de “Et toi, t’as combien ?” qui prouvent que les GPS sont d’une fiabilité parfaite puisqu’à programme identique, il n’y a pas deux nageurs pour avoir le même chiffre de distance sur leurs montres respectives.
Et c’est à nouveau l’heure du repas sous la tonnelle avant le début du cœur de la journée.

Juste avant 14 heures, c’est l’autre photo de groupe traditionnelle, afin de faire honneur à la commission tenues. Et puis c’est le moment du grand départ pour la sortie caliente du jour. En effet, il fait déjà plus que chaud, avant même de commencer à rouler. Les deux groupes, dont la discussion de la veille au soir n’as pas vraiment permis de savoir qui est le 1 et qui est le 2, partent ensemble sur les premiers kilomètres, avant qu’une cassure ne se forme dans la rampe vers Collioure. Puis c’est le virage à gauche, et direction les cols de la Serra, puis de Mollo, puis vers le balcon de la Madeloc. Vers l’infini, et au-delà !
La consigne officielle du coach est de faire tranquille, mais force est de constater que quand ça monte, chacun fait avant tout ce qu’il peut, et monte à son rythme, pas forcément tranquille. D’un autre côté, plus on monte rapidement et moins longtemps ça dure, c’est mathématique !

Au col de la Serra, un sprint improvisé par Franck qui revenait de l’arrière pousse Corentin et Pierre à basculer sans s’arrêter pour profiter du paysage. Le regroupement ne se fera donc que bien plus tard. Petite descente vers le col de Mollo, virage à droite, et la Madeloc commence à se rapprocher. Au balcon qui la précède, le panneau sens interdit rappelle aux audacieux que le trajet n’est pas conseillé. Et le revêtement, comme la pente, change d’un coup.
La Madeloc, et la vue, se méritent. Il faut avoir les jambes, l’envie et le matériel. Si l’un des trois vient à manquer, la pente à 24 % au plus fort ne pardonne pas et n’autorise pas le passage. Au final, ils sont 8 à avoir les trois et à rallier le sommet du jour, quitte à faire du multi-enchaînement vélo-trail-reclipsage en côte. Ensuite, ce sont les freins qui souffrent… Car il faut bien redescendre ce qui a été monté, et entre les nids de poule, le gravier et la pente, les patins sont mis à forte contribution.

C’est enfin le regroupement. Photos rapides en profitant d’un cycliste étranger et électrifié de passage, PH part retrouver les trois filles qui montent à leur rythme derrière, et devant c’est parti pour la longue descente sur Banuyls… et son cimetière, salvateur vu la chaleur et où le groupe s’arrête longuement pour boire, rempoter, reboire, rerempoter, voire presque se doucher. C’est que ça consomme de l’eau, un troupeau de vachettes, tous les éleveurs vous le diront.
Avec tout ça, l’heure a tourné, et pour tenter de respecter le programme, l’aller/retour à Cerbère passe à la trappe. Le coach prévenu, c’est reparti pour du D+ vers le col de Mollo pour le deuxième passage de la journée. Sans arrêt, qui se fait au col de la Serra, une fois toutes les montées passées. Petite pause, on reprend quelques forces, et c’est la descente jusqu’au camion. Il est temps de savoir où en sont Cynthia, Line et Sylvie. Vaillantes, elles n’ont pas pris la route côtière et sont dans la montée vers Mollo. Stupeur dans le groupe soit disant 1 qui se rend compte qu’en fait si la veille la numérotation n’était pas claire, c’est bien parce qu’il n’y a pas de différence. Certes, elles sont montées moins vite, mais elles ont fait autant de dénivelé ou presque. Cependant, il est temps que cela se termine pour Sylvie qui commence à faire une hypoglycémie, donc un rendrez-vous est pris pour que le coach récupère les trois guerrières en camion, pendant que les dix autres repartent, par le petit raccourci dont Laurent a le secret et qui restera dans les mémoires… pour ne plus jamais y passer : quelques hectomètres de route défoncée, vallonnée, où plus d’un cycliste confiera le soir s’être vu passer par-dessus sa machine en sautant dans les trous… C’était la séquence sensation du jour, et heureusement sans accident.

La Madeloc, c’est fait !

A l’arrivée au bungalows, il est temps de s’équiper pour l’heure et demi de course à pied tranquille (si, si, on a dit tranquille, cette fois) d’enchaînement.
Problème cependant pour Corentin et Pierre : puisqu’il était en camion, donc forcément le premier arrivée, c’est PH qui a la clef dans son sac. Donc dans le camion. Donc sur la route pour aller chercher les filles. L’heure tourne, et l’attente commence. Au bout d’un moment, Franck suggère d’aller demander une deuxième clef à l’accueil, et Thibaud relaie un message du coach : il repart, car il a oublié son sac en chemin, sans doute au cimetière…
Panique chez les vachettes, qui se voient déjà dîner à la nuit.
Conciliabule pour savoir si on part courir sans les deux enfermés dehors ou pas.
Et puis, éclair de génie. Corentin voit un sac posé sur la chaise à côté de lui, et croit reconnaître le sac du coach. C’est bien ça : les clefs sont depuis le début sous le nez des deux SBF (sans bungalow fixe) ! Coach, tu peux revenir !!!

Le départ en course à pied se fait donc avec une bonne demi-heure de retard, mais pas question de trop rabioter pour autant, on vise entre une heure et une heure quinze.
Comme la veille, des petits groupes se font, se défont, se reforment, avec un aller-retour supplémentaire sur le front de mer pour profiter de la douceur relative du soir.
Plus de public à impressionner, mais des kilomètres qui s’ajoutent à des vitesses variées.

Et vers 20h30 bien tassées, après les douches, enfin, l’apéro et le dîner peuvent commencer… Quelle journée !!!

Mercredi – Semi-repos, qu’il avait dit

C’est une journée un peu tranquille, si vous préférez alléger le programme et faire sauter une partie des séances, c’est demain qu’il faut le faire“, qu’il avait dit, le coach, la veille au soir au briefing.
Ça, c’était la théorie.
En pratique, à 8h30, c’est une sortie à vélo qui s’annonce, à faire en moins de trois heures pour permettre l’enchaînement en course à pied derrière. “Halte aux cadences infernales !“, auraient pu répondre les vachettes. Car 90 km de plat, ça imposait une moyenne à plus de 30 pour le premier groupe (oui, il faut permettre quelques pauses), et pour le deuxième, 70 et 500 m de dénivelé étaient également un bon challenge. Bref, de repos, que nenni.
D’autant qu’un stagiaire supplémentaire vient de grossir les rangs : Matthieu, qui s’est arrangé pour que suffisamment de ses camarades de lycée soient positifs au covid et fassent fermer l’établissement, est en effet arrivé la veille au soir en train. Il est frais, fringuant, et attendu de pied ferme !

Au final, le groupe 2 se scinde en un groupe 2 de 2 et un groupe 3 de 1, Line étant la seule à avoir bien entendu la consigne du chef et la seule à l’appliquer en allégeant le programme. Les autres s’élancent pour une course poursuite contre le temps.
Au petit déjeuner, le directeur sportif avait bien expliqué les trois systèmes de relais : à deux, à trois, la bordure, les schémas et les démonstrations étaient clairs. La route est plate, mais avec pas mal de trafic, et il y a toujours un automobiliste énervé sur dix qui fait oublier les neufs autres, à vouloir doubler même quand c’est impossible au lieu de patienter quelques secondes (non, pas minutes, secondes). Cependant, le coach envoie du sifflet pour lancer les sprints et réveiller les organismes. Puis vient le temps de lancer les chenilles.
Bon. Un constat s’impose. La vachette, ça fait du triathlon, donc ça roule à 7 ou 12 mètres des autres vélos. Du coup, rouler en peloton, et pire encore, organiser une chenille et relayer, c’est pas dans l’ADN, et ça se voit tout de suite : les à-coups sont nombreux, les changements de file aussi, sans compter sur un papi venu se caler dans les roues et qui vit sa vie en plein milieu du groupe sans respecter l’exercice. Bref, y’a encore du boulot.

Au bout de 50 bornes, il est temps de recharger les bidons, les 30°C ambiants aidant à les vider à vitesse grand V. Arrêt traditionnel au cimetière, donc. Et là, c’est le drame : l’eau est annoncée non potable. Bon, retour en selle, et direction le suivant. Dans le village d’après, il faut l’aide du GPS pour trouver le cimetière, mais là encore, petite frayeur car il n’y a pas de robinet à l’entrée : il est en effet en plein milieu, et ne résiste heureusement pas aux recherches des vachettes assoiffées. En repartant, au croisement, Corentin prévient de la présence d’une voiture qu’il surveille de près, ne regardant pas le trajet… ni la bordure du trottoir… qui l’envoie au tapis. Plus de peur que de mal, mais le vélo passera quand même dans les mains expertes de Thibaud qui, pour le troisième soir d’affilée, improvisera un atelier vélo avec les sangles pour redresser la patte de dérailleur et permettre au cascadeur de ne pas monter le col en 25 à l’arrière…

Plus tard, le groupe part sur un chemin pas prévu sur le tracé (refait là encore par Laurent la veille pour éviter la voie express). Laurent, en tête, n’a pas eu le temps de charger son propre parcours, et roule à l’envie. Le coach, à côté, voit son GPS hurler de faire demi-tour. Mais il faut près d’un kilomètre pour qu’enfin la tête de course s’arrête, que tout le monde regarde le parcours et qu’on reprenne le droit chemin. C’est vrai que pour suivre un parcours, le mieux c’est toujours de mettre en tête ceux qui ne l’ont pas…

La fin du retour est sans histoire, si ce n’est qu’à deux kilomètres du camping, sur la piste cyclable, le coach trouve que le groupe n’est pas assez fatigué (et c’est sans doute pour cela que la moyenne est de 27 et pas 30), lance un sprint. Tout le monde, sauf les raisonnables qui se souviennent qu’il y a un enchaînement derrière, se prend au jeu et finit à bloc, au point que Corentin empochera un KOM sur la route du Dauphin.

Timing parfait à l’arrivée puisque les trois groupes se reforment dans le camping : Cynthia et Sylvie ont fait le parcours en huit qu’elles avaient prévu. Elles confirment que la route du retour est toujours faite de plaques de béton, donc pas idéale, mais surtout qu’en plus du revêtement, maintenant, il y a des chiens. Qui aboient seulement le temps qu’elles passent, cependant, sans venir les courser. C’est toujours mieux comme ça !
Tout comme Line qui a fait sa boucle, rallongée un peu sur la fin au moment où elle aperçoit Corentin et Pierre, et surtout le panneau de l’hypermarché, et sans doute par manque de légumes, elle tourne à l’opposé du camping. Mais l’erreur est vite réparée.
C’est donc en synchro que les coureurs peuvent repartir une fois les baskets chaussées. Et là encore, le coach, qui trouve que les petits jeunes sont trop fringants, accélère pour tenter de faire exploser un Matthieu encore trop frais ! C’est joueur, la vachette…

Après le déjeuner joyeux, c’est l’heure calme de la sieste, du passage détente à la piscine, d’écriture d’un article, de tri des photos, au choix.

Et en guise de goûter, les combinaisons ressortent puisque c’est le retour de la natation en mer.
Au Racou, pendant que la troupe s’équipe, le fan-club de Cynthia arrive pour l’encourager et la féliciter. Enfin toute la troupe, sauf la famille Schmitt : le père parce qu’il n’est pas frileux et trouve la mer à une température tout à fait agréable, et le fils parce qu’il n’est tout simplement pas équipé en néoprène.
Et c’est parti pour trois petits tours autour des bouées. Moins de spectacle et moins de spectateurs cette fois, mais le thème est de nager, et plus d’épater la galerie. Tant mieux pour l’entraînement, tant pis pour le spectacle.
En tout cas, force est de constater que les entraînements du coach, ils déchirent. Au sens propre. En tout cas, la couture verticale du maillot de Bruno n’a pas résisté à la séance.

Mais il est temps de s’équiper pour la course à pied. Que le coach, magnanime, a raccourci d’une heure à trente minutes en raison du débordement d’autant de la séance vélo du matin. Avant ça, deux vacanciers proposent aux vachettes une séance de PPG improvisée en demandant de pousser leur voiture qui ne veut plus démarrer. Cela dit, malgré toute l’énergie des gros bras, la batterie récalcitrante ne voudra rien savoir.

PPG improvisée, et même le coach s’y met !

C’est donc reparti pour le front de mer, pour un petit aller-retour de “blablarun” et de séance photo (Joël le facétieux profitant de son repos pour mitrailler), histoire de bien terminer le programme sportif de la journée. Matthieu continue dans la version équipement léger puisque, ses chaussures lui faisant mal, c’est pieds nus qu’il accompagne ses camarades d’allure.
Programme terminé ? Ce n’est jamais si simple…
Le coach avait vu un créneau libre dans l’emploi du temps et proposé un atelier sur les auto-massages. Atelier auquel les vachettes préfèrent un apéro en terrasse au restaurant du camping avant le dîner, perpétuant la tradition du “Pot du Président“, une des tournées étant chaque année offerte par le club aux participants du stage. Cependant, le coach ayant de la suite dans les idées, l’atelier a bien lieu, en nocturne, à la place de la tisane digestive, histoire de bien se détendre avant d’aller prendre tout le repos nécessaire pour LA grosse journée, celle qui occupe toutes les discussions depuis la début du stage et nourrit tous les fantasmes : le jeudi, et la sortie longue vélo.

Jeudi – Les fous du Neoulous

On y est.
C’est le jour. Le grand jour, même. Celui de la fameuse sortie longue.
En conséquence, le petit déjeuner est pris dès 7 heures, pour un départ une petite heure plus tard, et un retour imposé d’au moins une personne avant 13h30 pour la récupération des sachets repas au restaurant du camping avant sa fermeture.
Au retour au bungalow, Sylvie se met dans le thème proposé la veille par PH, à savoir l’enfermement dehors, en faisant chuter la clef entre deux lattes de la terrasse… C’est ballot ! Mais le subterfuge ne fonctionne pas bien longtemps, car les équipes techniques ont déjà embauché et arrivent comme l’éclair pour libérer les prisonnières de l’extérieur.

Le départ se fait à l’heure. Le suiveur part en camion avec le groupe 2 qui s’amenuise, Line ayant décidé de grossir les rangs du groupe 1 et de tenter la sortie complète, donc les 90 km, dont 20 de la longue ascension du Puig Néolos, autrement dit du Pic du Néoulous.
Une heure, trois minutes et quarante et une secondes. Le chiffres est dans toutes les têtes de la tête de course depuis la veille. C’est le temps de référence sur la montée complète du pic, établie par un Monsieur Brocoli légendaire… La question n’est donc pas de savoir si le club va conserver le titre, mais de voir si une vachette va pouvoir en cacher une autre. En tout cas, l’approche se fait à une allure tout à fait tranquille, et elle est juste ponctuée d’une route barrée, mais pour réfection (et pas complètement fermée comme c’était arrivé en 2018) et donc d’un passage entre les engins de chantier.

Après le Boulou, il faut monter sur la grande route et affronter le trafic sur quelques kilomètres, avant de retrouver le camion. Sylvie et Cynthia, qui ont profité du voyage, sont déjà en plein effort, et le reste des stagiaires recharge en eau, mange un morceau… et se lance enfin à l’assaut du fameux segment.
20 km de montée pour s’élever de près de 1 100 m et aller retrouver l’antenne, la frontière et le GR® 10 en haut du pic. La première rampe est assez courte, mais la route redescend ensuite et fait perdre les mètres d’altitude initialement gagnés. C’est malin ! Il faut tout refaire dans le deuxième tronçon en sous-bois jusqu’au village puis à l’intersection. Des petits groupes, la plupart du temps d’une seule personne, très rarement de deux, se forment et montent à leur rythme. L’important, c’est de voir l’antenne en fonction de ses capacités. Après l’intersection, la pente augmente un peu et tourne entre 5 et 7 % pendant les six kilomètres jusqu’au col de l’Oullat, son refuge, ses tables de pique-nique et ses randonneurs. C’est là que les choses sérieuses commencent… Bien émoussés par la longue approche, les cyclistes doivent affronter une route défoncée, des pourcentages bien plus élevés, le vent de face, et cette antenne, là-bas, loin, qui jamais ne veut arriver. Ce n’est pas tant que la pente soit si raide, c’est surtout que ça monte depuis près de 20 bornes !

La délivrance au somment est à la hauteur des efforts accomplis pour y arriver. Corentin et PH, premiers arrivés, encouragent les suivants. On se congratule, on hurle, on pousse à aller jusqu’à toucher la grille car le segment est pris un mètre devant. Les derniers ont une foule plus nombreuse pour les accueillir, et le sourire sur les photos en dit long.
Joël et Bruno se paient le luxe d’une arrivée au sprint, dans 12 % de pente ! Ils ne sont pas lâchés de la montée, jouant au chat et à la souris pendant une heure et demi.
Thibaud, qui a écrit au groupe qu’une douleur au genou allait l’empêcher de rallier le sommet (ce à quoi le coach objecte qu’il n’y a que 2 km et donc que son excuse est refusée et qu’il doit monter) finit par grimper aussi, sans avoir vu l’ordre du coach.
Un petit groupe redescend récupérer Cynthia et Sylvie qui arrivent également bras-dessus bras-dessous. Il ne manque plus que Line à l’appel, encore dans les derniers kilomètres avant le col. Mais le vent commence à refroidir tout le monde. Aussi, pour éviter les rhumes, ce qui par 32°C serait un comble, on se décide à faire la photo de groupe, non sans mal pour faire tenir l’appareil, puis de lancer la descente au moins jusqu’au chalet.
Voyant le message du coach, Line se lance dans ce qu’elle croit être ses 2 derniers kilomètres… qui sont en réalité 3,5. Elle est récupérée par un petit groupe qui l’emmène jusqu’au sommet. Et c’est la consécration de la journée : 15 en bas, 15 en haut, tout le monde a vaincu le Neoulous cette année !

Et pendant que Line souffre encore dans la montée, ça profite chez les premiers arrivés !

La descente se fait en ordre dispersé. Un premier groupe part devant pour aller chercher les repas, Matthieu perd ses acolytes et finit seul, Pierre et Corentin font du bricolage et forment un duo séparé, Thibaud, qui n’a plus de douleur, a un souci technique : il explose son tubeless et voile sa roue, donc il rallie le camion comme il peut mais s’y arrête, tout comme Sylvie et Cynthia à qui l’ascension suffira. Enfin Franck accompagne Line qui s’est lancé dans le défi de faire toute la sortie, sa plus costaud à ce jour, dépassant la sortie des 100 femmes à vélo, et qui aura droit à une ovation des vachettes attablées à son arrivée au camping.

Le coach avait indiqué à qui finirait en moins de 5 heures de faire un enchaînement de course à pied d’une petite demi-heure. Autant dire que les baskets n’auront pas été beaucoup usées ce jeudi.
En revanche, la sieste a beaucoup plus de succès après le déjeuner, en attendant la séance de natation de 16 heures.
Au programme, pas mal de souple, et sur la fin, des exercices techniques et des conseils pour le papillon, la culbute, sans oublier les films que prend le coach et qui seront disséqués pendant l’apéro et le digeo le soir au dîner. Avec tout ça, les vachettes vont devenir des vrais dauphins. Mais après tout, c’est le nom du camping, donc c’est bien normal.

Vendredi – Fini de rire, faut s’y mettre un peu !

Le coach a été clair dans le briefing de la veille au soir. Fini la sortie de 90 km qu’il demande de faire en moins de trois heures et qui passe à 27 de moyenne sans compter les arrêts au cimetière(s), cette fois, il faudra rouler. Et enchaîner sans tarder car il y a trail le soir, avec un peu de route pour aller au départ. Quant au parcours de 18 km et 1 000 m de D+, il passe dans le timing de 2h30, facile. Si, si, facile, il insiste face aux quelques réticences qui s’élèvent.
En attendant, la matinée démarre plus calmement avec un des rares moments de repos après le petit-déjeuner, histoire de digérer un peu avant d’aller nager. La séance démarre à 10 heures, et dure une bonne heure et demie. Avec au programme, puisque la veille, c’était souple, quelques “rappels d’intensité”, autrement dit des 25 m en sprint, ce qui donne à Franck l’occasion d’essayer des techniques de piraterie pour couler Sylvie partie devant. Les deux découvrent le monde du triathlon peu à peu.
Après la séance, qui a un peu débordé, il reste un gros quart d’heure avant de récupérer les repas en chemin. Quart d’heure que mettent à profit les vachettes pour exprimer toute leur créativité. Et voilà donc le groupe qui fait du toboggan (très classique), mais surtout deux hurluberlus qui font le tour de la piscine dauphin en natation en eau libre pour en tracer parfaitement le contour, imités aussitôt par deux autres qui le font en marchant pour les mêmes raisons. Ah, les joies du Strav’art !

Le repas est toujours aussi joyeux, tout comme la préparation qui suit. D’autant que, le groupe étant maintenant au complet, il faut refaire la photo officielle avant le départ à vélo. Tout le monde prend donc la pose dans sa tenue d’apparat, entre les plots, s’il vous plaît, pour le cadrage.

Ah elles sont belles, nos vachettes !

Les cordonniers sont les plus mal chaussés, ou parfois les moins bien équipés. Le pauvre Thibaud, qui aura passé sa semaine à réparer autant de vélos que lorsqu’il travaille à l’atelier, bataille ferme avec sa roue, se démène contre la chambre qui ne veut pas tenir en place et fulmine contre la remise en état qui ne vient pas. Finalement, il doit rendre les armes et lâcher l’affaire. Son salut ne viendra que du vélociste, et ce n’est qu’après, prenant le parcours à rebours, qu’il rejoindra son groupe pour la fin de la sortie.
Le reste de la bande se résout à monter en selle. Et maintenant, plus question de se cacher, il faut envoyer.
Comme à l’accoutumée, les parcours ont été revus et corrigés la veille par le quasi-régional de l’étape Laurent, qui a pris soin d’éviter les voies rapides et autres croisements périlleux que le tracé automatique avait proposé au coach. A la sortie du camping, les groupes reviennent aux bons vieux clichés : les garçons partent d’un côté, les filles de l’autre. Mais tout le monde à bloc. Chez les premiers, Franck finit sa digestion “tranquillement” derrière (à 35 km/h !) pendant que le coach tente de lancer des exercices devant. Et au bout d’une heure, malgré les ronds-points et toutes les traversées de village, le groupe a avalé 33 km. Chez les secondes, c’est le même menu, à 30 en permanence ce qui permettra de rendre au coach tout fier de ses ouailles un 26 de moyenne TTC au retour, qui est d’ailleurs quasi simultané. Timing parfait.

Il est temps de décharger les activités des GPS et de regarder les performances.
Et là, c’est la consécration.
Jean-Yves voit une petite couronne sur son activité. Mais oui, il ne rêve pas, il vient d’obtenir le premier KOM de sa carrière, sur un sprint de 650 m avant un village. C’est l’euphorie, il est le roi du monde. Pour quelques secondes.
Car peu après, c’est le drame.
Bruno déleste à son tour son GPS des précieuses données, et pour une seconde, devient le nouveau roi du sprint en question. Au final, ils sont cinq ou six à voir la couronne sur leur activité. En 55 secondes. Mais Bruno a sifflé la fin de la récré, et avec une copie en 54 secondes il trône sur le reste du peloton. Autant dire que l’événement fait grand bruit dans le microcosme des stagiaires, et que les discussions sont enflammées sur le sujet, que ce soit à l’apéro, au dîner ou ensuite. Certaines envisageront même de remplacer la séance de natation pour aller chasser le lauréat, d’autres veulent faire refaire le parcours du lendemain à Laurent pour qu’il passe par le bon segment.
De tout cela il ne sera rien, Bruno reste le King.

Revenons à nos triathlètes. Dès le vélo posé, tout le monde saute dans les chaussures de trail, remplit les poches à eau (sauf les jeunes imprudents qui se disent que pour une heure et demi ils n’ont besoin ni d’eau ni d’alimentation) et monte en voiture.
Line et Laurent restent sur place, la première pour conserver un peu de forces après son héroïque sortie vélo de la veille, l’autre pour ne pas réduire à néant toutes les séances de kiné après sa blessure. Pour autant, ils ne resteront pas inactifs, courant ensemble un moment puis séparément (avec un arrêt au ravito sur le front de mer pour l’un, dans la piscine pour quelques longueurs pour l’autre).
Côté traileurs, les voitures sont garées et la photo officielle est prise, à 16h59. Il reste donc une minute avant l’horaire de départ indiqué dans le planning pour décider de qui fait quoi entre le “petit” parcours de 7 km et 550 m D+, le “grand” de 18 et 1 000 ou encore pourquoi pas l’intermédiaire en partant en aller-retour sur le début du grand. Deux groupes se forment (avec pour objectif de respecter la consigne de tout finir en 2h30), qui collent avec les voitures pour le retour, on peut partir.

La course dure, oh, à peu près 40 secondes. Le temps d’arriver au premier croisement. De là, c’est la falaise direct, et il faut grimper dans les blocs de rochers. Donc en marchant. Doucement.
Les GPS ne hurlent pas encore. Pourtant, tout le monde est hors parcours, ayant pris les boucles à rebours. Les adeptes de la version plus longue s’interrogent : demi-tour pour prendre le chemin prévu ou pas ? Et avant de lancer 2h30 de débat, oui, ils décident de rebrousser chemin pour revenir au carrefour et partir en courant sur le faux plat. Du côté de la version plus courte, tant pis, l’ascension continue jusqu’à la tour. Les 24 % à vélo c’était du costaud, mais c’est encore bien plus et le terrain plein de cailloux fait que ça ressemble plus à de l’escalade qu’à du trail.
Côté long après 3 km de course, deuxième erreur de parcours au carrefour (commun avec le retour), puis une fois sur le bon chemin, la pente augmente un peu dans un premier temps, puis carrément ensuite. Fini de courir, bienvenue dans le monde de la randonnée, sur le GR10, pendant une trentaine de minutes jusqu’à la crête qui servira de but du jour. Les vachettes du Toulouse Triathlon y retrouveront les vachettes du troupeau local pour un selfie de groupe, avant le retour dans le sens inverse. Plus bas, le groupe se scindera, Franck et Bruno ramenant un Matthieu parti un peu la fleur au fusil sans eau et sans alimentation tandis que les 4 guerriers se décident à prendre la tour d’assaut au retour.
Dans l’autre groupe, qui est resté en un seul bloc, c’est la descente façon via ferrata de la tour, pendant laquelle le coach a le droit à un certain nombre de surnoms que la décence ne permet pas de rapporter ici. Et enfin, après 90 minutes, il leur est possible de courir sur les trois kilomètres de plat roulant avant de retrouver la voiture.

Allez, un petit tour fissa à la tour, et dans 2h30 tout le monde sera à l’apéro, promis…

Les retours au bercail s’échelonnent donc dans le temps, et même avec les plus longs (qui ont explosé le timing prévu sans faire le programme complet), tout le monde se retrouve comme à l’accoutumée pour le dernier dîner à 15 de la semaine.
Dîner pendant lequel le coach fait le briefing pour l’événement phare du lendemain : le triathlon interne !

Samedi – C’est jour de Tri !

Les mines commencent à marquer quelques signes de fatigue au petit-déjeuner. Heureusement, la matinée est assez calme avec une séance courte de natation qui permet de profiter quelques instants du bassin en dauphin et de ses jets et autres bains bouillonnants.
Mais ensuite, c’est la grande opération, nom de code Tétris, qui consiste à installer, et surtout à arrimer, tous les vélos à l’arrière du camion. Heureusement que la matinée était peu chargée en activités, car il faut près d’une heure avant de trouver une méthode qui permette le transport en toute sécurité.

Le repas d’avant-course est pris dès midi pile, histoire de pouvoir le digérer et de préparer tout l’équipement comme pour un jour de course. Car à part les porte-dossards (qui étaient de sortie au stage découverte), toute la panoplie est de sortie.
Le convoi s’élance pour Marseillas, longeant la piste cyclable prise à vélo deux jours plus tôt, où les voitures parcourent le passage compliqué dans le village, histoire de bien repérer le tracé. Car pas de bénévole sur le bord pendant l’épreuve pour indiquer où tourner, les concurrents devront, comme c’est toujours le cas mais comme ils ont tendance à l’oublier tant la présence des gentils organisateurs est rassurante, parfaitement connaître le parcours. Instant prémonitoire

Au parking, la première question est de savoir où poser le parc à vélos. Les options sont finalement peu nombreuses, et ce sera sous le grand arbre près de la guinguette, à quelques mètres de la terrasse et des convives, que les 14 vélos et les sacs de transition associés sont installés. Pour autant, contrairement au front de mer, les clients de la guinguette resteront insensibles au fait qu’ils sont en train d’assister au Triathlon Interne du Stage, épreuve majeure du club. Parfois les néophytes ne se rendent pas compte que la chance qu’ils ont !
Une fois en combinaison, l’autre question existentielle peut se poser : quel est le parcours natation ? Car si le tour de l’île est évident, il y a une bonne trentaine de bouées en tas devant la base nautique, un peu trop pour faire un seul virage. Un groupe part en échauffement et en repérage du couloir finalement parfaitement adapté à l’épreuve, revient… Et c’est le grand départ.

Les deux tours des bouées à l’île ne sont qu’une formalité ou presque pour le groupe, hormis le petit dernier qui se contente d’un kilomètre dans l’eau (ignorant les signaux du coach qui signale l’endroit de la sortie, car il n’a pas encore tout à fait la distance). A la sortie de l’eau, les classements de la semaine dans les différentes lignes d’eau sont respectés, et les stagiaires peuvent se déséquiper et enfourcher leurs montures.
A vélo, c’est un peu le chassé-croisé par petits paquets. Bon, devant, c’est simple, Corentin est seul au monde. Tellement seul qu’au prix d’une montée fulgurante au panneau Las Illas (tout le monde ayant expliqué au coach que les comptes ronds, c’est bien, mais que faire demi-tour au milieu de nulle part, ça l’est moins), et avec une descente engagée, il viendra détrôner Tanguy du KOM du parcours spécial club. Derrière, Pierre et Matthieu jouent au chat et à la souris : je te double en montée, tu me doubles en descente, je te double à pied, ça n’arrête pas. Suit un groupe de trois avec Nicolas, Thibaud et Joël, que Thibaud règlera en course à pied, allant même devant chercher Pierre. Ensuite, le duo d’inséparables Jean-Yves et Bruno fait le parcours ensemble (hein ? quoi, drafting ?), et Laurent ferme tranquillement la marche, s’étant concentré sur la natation. Côté féminin, Line a été reprise par Amélie au début de la montée, et Cynthia en a assez et fait demi-tour quelques secondes avant d’être reprise par Sylvie accompagné du vélo balai qui a traîné un peu en route en s’arrêtant plusieurs fois à cause d’un bruit suspect sur la roue avant.
Sur la course à pied, c’est un peu “Chacun fait fait fait, c’qui lui plaît plaît plaît“… Le coach avait dit au briefing de la veille qu’il fallait faire trois tours des deux lacs, et il avait envoyé le parcours. Mais tout le monde n’avait chargé que celui, revu et corrigé par Laurent, comme à l’accoutumée, pour le vélo. Et donc, de mauvaise foi en fatigue, et de non-connaissance des lieux en suivi d’un chemin qui paraissait évident, il n’y a pas grand-monde qui ne coupe pas ou qui ne se perde pas. Bref, il vaudra mieux oublier toute notion de classement à l’arrivée, car les disqualifications seraient bien trop nombreuses.
Et l’essentiel n’est pas là, mais bien dans le sentiment du devoir accompli et la satisfaction de finir le stage en beauté.

La ligne bleue des Vosges, les compétitions à venir… Il est temps d’y réfléchir…

Pendant que Laurent retrouve sa petite famille, le premier équipage qui va reprendre la route pour Toulouse file devant, suivi par le camion rechargé de vélo et la troisième voiture. Au camping, c’est l’heure des premiers au-revoirs, puis du dernier dîner. C’est la fête, et tout doit disparaître : rosé, bières, cacahouètes, restes passés, tout ressort des frigos et des placards pour les dernières agapes.
Tout le monde fait le bilan du stage, et les esprits se relâchent, laissant la fatigue se faire sentir dans les corps. Mais le bonheur est bien là, et il est partagé, dans la convivialité, qui était devenue le fil rouge de ces derniers jours depuis une discussion à un autre dîner.

Dimanche – Un dossard sinon rien

Dernier matin. Les balais sont de sortie, les sacs s’entassent dans les chariotes, c’est le moment du grand départ. Dernier petit déjeuner, et dernière séance de natation d’une heure pour celles et ceux qui le souhaitent et le peuvent.
Puis c’est le retour pour l’équipage du camion que Pierre, une fois le tour de Toulouse achevé pour déposer tout le monde, ira laver pour enlever le guano que les mouettes extra-terrestres transgéniques de l’arbre sous lequel il stationnait l’auront constellé durant le parcours.

D’autres ont pris la direction de Revel, histoire de finir le stage en beauté.
En 2019, le stage tombait pile la semaine avant l’Argelès Nature Trail, organisé à deux pas, ce qui avait permis au troupeau de faire une moisson de 19 dossards au duo nocturne du vendredi, à la course nature du samedi et au grand trail du dimanche. Cette année, le triathlon d’Argelès, qui aurait pu servir de mise en bouche avant le stage, ayant été annulé, il ne restait que les 6, 3 ou 1 heure du Lauragais à se mettre sous la dent. Le teasing avait été… insistant, dirons-nous, et au final, Amélie avait hésité puis renoncé avant le stage, Thibaud s’était réservé la décision au mercredi pour se contenter de supporter, mais Corentin avait franchi le pas sur le 3 heures, Franck défendait son titre sur le 6 heures, et Line, rejointe par Marion et Lydie, accompagnaient et participaient au relais, faisant d’une pierre deux coups.

Le matin même, Flo avait ouvert la voie, en remportant, non pas le 10 km de Blagnac pour lequel il avait pourtant obtenu un dossard à l’arrachée, mais le Trail du Montmorélien, tout en ayant encore une fois fait une erreur de parcours (faudrait pas que ça devienne une habitude non plus, hein…).
A midi, les coureurs du 6 heures s’élançaient dans la fournaise de ce dimanche de canicule, rejoints 3 heures plus tard par une deuxième vague, puis par les quelques relais à une heure de l’arrivée. Et au final, chose assez rare pour être signalée, au gong de fin, 100 % des vachettes engagées, sans doute survoltées par le stage et quoi qu’il en soit bien plus accoutumées à la chaleur que d’autres concurrents, se retrouvaient sur les podiums.

Franck cédait son titre au recordman d’Espagne du 24 heures et 5e des derniers championnats du Monde mais était un dauphin aussi heureux qu’un vainqueur, Corentin, qui s’essayait de main de maître à l’exercice et après avoir tout donné la veille pour remporter le triathlon interne, s’offrait le premier podium de sa vie en se parant d’argent également, et les filles remportaient haut la main leur catégorie devant toutes celles qui ne s’étaient pas inscrites et montaient également sur le podium derrière deux équipes mixtes.
Le tout sous les encouragements et les points classements complets de Thibaud, supporter parfait, qui méritait sa place au sein de la bande pour l’apéro et le banquet d’après course bien mérité. De quoi finir le stage en beauté.

Et maintenant, la saison peut se lancer, le troupeau est paré !

Et t’as fait quoi, toi ? Bah, deuxième, et toi ? Bah, deuxième…
Stage Argelès 2021

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