Ce n’est PAS une course, c’est un brevet.
Le site de l’organisateur annonce d’entrée la couleur : la French Divide n’est peut-être pas une course, mais c’est certainement une folle aventure. Relier la frontière franco-belge à la frontière franco-espagnole en VTT, sans assistance, avec juste un tracé GPS, quelques points de passage obligés et un suivi par les organisateurs.
Pour le reste, les chiffres donnent à eux seuls le tournis : 2 275 km de route et de chemins à parcourir, 32 000 mètres de dénivelé à gravir, et 15 jours pour faire la traversée, après quoi l’organisateur plie bagage et ne suit plus les participants…

Philippe en pause sur la French Divide
Heu, quand tu dis qu’il reste encore 2 000 km, tu veux dire quoi, exactement ?

C’est Bastien les bons tuyaux qui avait repéré la chose, mais qui, en plein transfert vers sa nouvelle vie, ne sera finalement pas inscrit. Mais entre temps, il aura eu le temps de convaincre Philippe, alias Duromal, alias le Guerrier Ultime, alias la Vachette Increvable, l’homme qui sait rouler cent bornes avec un pédalier cassé, qui monte toutes les côtes sur le grand plateau, qui ne gémit jamais même pendant les plus longues sorties et qui est capable de prendre son vélo pour aller de Fronton à Auch courir le semi-marathon, puis de revenir avec le même moyen de transport (à moins de 100 km, ça ne compte pas comme une sortie, c’est une balade ou un trajet).

Flo-le-roi-des-bons-mots avait trouvé la bonne formule : en juillet, toute la France avait vibré en regardant Julian Alaphilippe dans ses exploits sur le Tour de France. En août, ce sont toutes les vachettes qui ont vibré pendant une grosse semaine en suivant Philippe, à la Julian, traverser la France de part en part.

Philippe sur le parcours de la French Divide 2019
Deux positions : à bloc sur les prolongateurs, ou en relance dans les côtes…

143 heures et 45 minutes de sortie Strava plus tard, le héros a bouclé le périple.

Une semaine de 80 heures ? Mais que fait Martine ?!?!?! Et la RTT, alors !

Avec des tas d’anecdotes à raconter… Quelques galères, comme le téléphone oublié sur le parcours après avoir pris une photo, et qui oblige à faire deux kilomètres en arrière pour aller le rechercher (heureusement qu’il a voulu refaire une autre photo à peine plus loin et pas attendu le lendemain !), ou comme le soir où, après avoir roulé bien (trop) longtemps à la recherche d’un bon endroit pour dormir, il choisit finalement de s’arrêter un peu à l’arrache sous le toit d’une ancienne grange, sans pouvoir faire le brin de toilette et de lessive du soir, avant de découvrir un lavoir le lendemain matin après seulement 400 mètres de parcours…

Pendant l’effort, un peu de réconfort…

Mais aussi des bons moments, comme ces têtes familières venues le rencontrer dans le Périgord puis à l’approche de la maison, ou cet habitant totalement inconnu, sur le parcours, qui l’interpelle d’un “Ah, bah enfin, te voilà, toi !” avant d’offrir à un Philippe médusé des fruits, du sirop, à boire et à manger pour un ravitaillement non officiel mais très officieux, de la part d’un fan de l’épreuve qui arrêtait tous les Dividers devant chez lui.

Bref, tout le club n’a pas fini de parler de cet exploit majuscule, ni d’en faire raconter tous les détails à son protagoniste.

Et si Julian Alaphillipe a été élu Super Combatif du Tour 2019, pas besoin de jury pour savoir que notre Philippe, à la Julian, est le super combatif du club.
Alors, chapeau l’artiste, et bon anniversaire Philippe ! Deux bonnes raisons de boire un sacré coup à ta santé !


Et parce que personne mieux que celui qui l’a vécu de l’intérieur ne saurait mieux relater cette folle aventure, voici le récit très détaillé écrit par notre Divider en personne.

Installez-vous confortablement au coin du feu ou en terrasse au soleil, prenez à boire, et régalez vous :


Philippe coupe la France en deux
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